Allocution d'accueil de Bernard Piette, Président du Corps consulaire de la Province de Liège

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Excellences,

Monsieur le Gouverneur de la Province de Liège,

Monsieur le Gouverneur de la Province du Hainaut,

Monsieur le Recteur de l’Université de Liège,

Monsieur le Député Provincial, président du Collège provincial

Madame la Députée Provinciale,

Madame et Monsieur les Echevins de la Ville de Liège

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Chers membres, amis et sympathisants du Corps Consulaire de la province de Liège,

 

C’est un réel plaisir de vous retrouver ce soir à l’occasion de notre Soirée de Gala annuelle du Corps Consulaire de la province de Liège. 

 

Namens de Corps Consulaire van de provincie Luik heet ik U hartelijke welkom in deze prachtige locatie.

 

On behalf of the Consular association of the province of Liège, I warmly welcome you in this marvelous location.

 

Im Namen des Konsularischen Korps der Provinz Lüttich freue ich mich, Sie an diesem wunderschönen Ort begrüßen zu dürfen.

 

Permettez-moi d’emblée d’adresser quelques remerciements tout d’abord. Outre les personnes déjà mentionnées, je tiens à remercier les personnes suivantes qui nous font l’honneur de leur présence ce soir : leurs Excellences les Ambassadeurs de Grèce, du Pérou, de République Tchèque et de Suisse. Merci également à Mme la Présidente de la Belgian Consular Union, à la Présidente du Corps Consulaire de la province de Namur récemment élue ainsi qu’à nos collègues du Corps Consulaire à Maestricht.

 

J’adresserai enfin un merci tout particulier à Mr Luc Gillard qui a accepté de mettre ce lieu à notre disposition ainsi qu’à Mr le Gouverneur Hervé Jamar qui non seulement nous accueille dans ses salons mais qui s’est impliqué personnellement pour que cette soirée puisse avoir lieu malgré toutes les vicissitudes dont nous n’avons pas été épargnés au cours de la préparation. Du fond du cœur, Hervé, merci.

 

Annuelle… ce terme semble devenu surréaliste… De report en report, cela fait à présent deux ans que nous n’avons pas eu le plaisir de nous revoir à cette occasion. Nous espérions en effet tenir cette soirée d’abord en mars 2020… puis en mai… puis en septembre… Nous voici réunis après avoir passé avec succès le test du CST, le Covid Safe Ticket afin de profiter tous ensemble d’un CSD, un Covid Safe Dinner… à tous, merci de vous être prêté à cette formalité supplémentaire. 

 

Depuis quelques années, nous avons pris l’habitude de mettre un pays particulièrement à l’honneur au cours de cette soirée ; cela nous permet de commémorer un événement ou un anniversaire particulier comme nous l’avons fait en 2018 avec la République Tchèque ou de mettre à l’honneur un collègue s’étant particulièrement investi dans la représentation de son pays. C’était le cas en 2019 avec le mise à l’honneur de la Norvège à l’occasion du passage de flambeau de notre ami Didier Bronne vers Benoît Rondeux. 

 

Cette année, c’est la Grèce qui retient notre attention. En 1821, il y a donc exactement 200 ans commençait la guerre d’indépendance grâce à laquelle le pays allait se libérer de la domination de l’Empire Ottoman, présent dans le pays depuis 1453. 

 

Curieusement, nous pouvons y voir plusieurs points communs avec la Belgique. Bien sûr la domination néerlandaise n’a duré que 15 ans. Mais, outre le fait que la Grèce et la Belgique ont plus ou moins le même nombre d’habitants, c’est finalement en 1830 que la Grèce accédera à l’indépendance, tout comme notre pays. Le trône de Grèce fut d’ailleurs proposé à celui qui allait devenir notre roi sous le nom de Léopold 1er. Nous ne saurons jamais si Léopold préférait les frites à la feta ou Annie Cordy à Nana Mouskouri…

 

L’histoire de la Grèce ne fut pas de tout repos passant du statut de royaume à république avec même l’expérience d’une dictature militaire. Sept ans après la fin du régime des colonels, la Grèce adhérait à l’Union Européenne embrassant ainsi une attitude résolument ancrée dans le multilatéralisme.

 

Venons-y… Le multilatéralisme a été mis à rude épreuve au cours de ces dernières années ; le 45ème président des Etats-Unis a agi au mépris des conventions et engagements internationaux pris par ses prédécesseurs se retirant notamment de l’Accord de Paris sur le climat ou de l’accord sur le nucléaire iranien. Plus près de nous, le Brexit a montré qu’il était possible de détricoter des alliances que l’on pensait pourtant solides.


L’actuel locataire de la Maison Blanche semble animé par d’autres ambitions plus en phase avec les traditions patiemment établies depuis la seconde guerre mondiale. Et pourtant, on ne peut pas encore parler d’un retour complet à la normale ; je n’en veux pour preuve que la récente crispation entre la France et l’Australie à propos de la vente de sous-marins…

 

Rétablir un véritable multilatéralisme prendra donc du temps… et pourtant, n’en déplaise à certains, il est la seule option pour répondre aux défis de notre temps. Rappelons que, au-delà de ses errements et dérives, l’Union Européenne est et reste le projet politique le plus ambitieux depuis la seconde guerre ; elle n’est certes pas parfaite ; elle est régulièrement maltraitée de l’intérieur comme de l’extérieur. Et pourtant, elle nous protège depuis près de 80 ans de conflits généralisés en Europe. Devant les situations d’urgence, elle sait être mobilisatrice en permettant notamment à la Grèce de traverser la crise financière même si ce fut dans des circonstances pénibles pour le peuple grec.

 

La pandémie dont nous ne sommes pas encore complètement sortis a également mobilisé les énergies autour du globe afin de développer des vaccins en un temps record. Ici aussi, le multilatéralisme a démontré sa force de frappe ; les hommes et les femmes de cette planète sont ensemble capables de choses extraordinaires lorsque leurs énergies sont mobilisées vers un objectif commun…

 

C’est enfin le multilatéralisme (et lui seul) qui permettra de trouver des réponses aux défis de notre temps et au premier lieu desquels le réchauffement climatique. Tout le monde gardera longtemps en tête les images effrayantes des inondations de la mi-juillet ; un phénomène dont nous ne pensions pas qu’il puisse nous frapper si vite et si fort. 

 

Je profite d’ailleurs de cette occasion pour vous annoncer que le bénéfice de cette soirée sera intégralement reversé à l’aide aux victimes des inondations. 

 

Ces inondations de 2021 font suite à deux années où nous avons connu une sécheresse sévère ; bien sûr, des événements exceptionnels ont toujours eu lieu mais, tout comme la pandémie, nous serions bien avisés de prendre en compte les signaux que notre planète nous envoie de manière de plus en plus insistante.

 

Et nous dans tout cela, me direz-vous ?

 

Et bien, laissez-moi vous partager ma conviction personnelle que notre Ville et notre Province doivent plus et mieux se profiler au niveau international. De nombreux acteurs, chacun dans leur sphère, ont des collaborations internationales intenses ; je ne citerai que l’Université ou le Théâtre de Liège par exemple. Mais, nous le savons, Liège jouit d’une position exceptionnelle : c’est le lieu de croisement et de rencontre des cultures latines, germaniques et anglo-saxonnes ; c’est un atout rare sur lequel nous capitalisons encore trop peu. Il nous suffit de voir l’activité menée dans nos provinces voisines en Wallonie, en Belgique ou dans l’Euregio pour y trouver des sources d’inspiration sur la manière d’améliorer notre positionnement et notre rayonnement international.

 

Le Corps Consulaire a bien évidemment son rôle à jouer mais ne peut y arriver seul et a besoin de ses partenaires institutionnels, académiques et économiques pour convaincre plus de pays de désigner des représentants dans notre région. Certains grands pays ne sont pas représentés chez nous ; citons le Brésil, l’Inde, l’Irlande, le Japon, le Royaume-Uni ou la Russie. Nous avons besoin d’une implication forte de la Ville et de la Province dans le rayonnement international de notre région afin de permettre à nos entreprises, nos institutions, nos jeunes de s’ouvrir à d’autres cultures et de vivre la diversité.

 

La prospérité et l’avenir de notre région sont à ce prix.

 

Je vous remercie pour votre attention.